Gilles Roux, apiculteur ardéchois

Gilles Roux au travail dans ses ruches. © Laetitia Gabrielli

Gilles est un passionné ! Intarissable sur les abeilles, leur environnement et son métier

Merci à lui de m’avoir accordé autant de temps (1h30) pour partager sa passion et sa connaissance du monde des abeilles. 

Apiculteur dans les Cévennes ardéchoises…

Installé à une altitude de 500 mètres, Gilles vit à 60 kilomètres du haut plateau ardéchois, situé à 1500 mètres d’altitude, là où la Loire prend sa source. L’environnement y est idéal, à l’abri de toute agriculture intensive, riche de milieux différents : thym, garrigue, châtaignier, lavande, buis, euphorbe, acacias etc.

Montagne ardéchoise. © Yankele Dupont

… Gilles pratique une apiculture de transhumance et produit un miel de qualité sans être labellisé bio

Tributaire des périodes de floraison, l’apiculture est une activité de transhumance dépendante des conditions météo. Son empreinte écologique peut se révéler élevée. La diversité de son environnement permet à Gilles de produire plusieurs types de miel, dans un rayon de 60 kilomètres de son domicile. C’est la limite qu’il s’est fixée pour déposer ses ruches.

Veillant à ce que ses colonies disposent de ressources suffisantes pour butiner et produire du miel, il les déplace de rucher en rucher selon les périodes de floraison. La miellée d’acacias débute à la mi-mai dans les Cévennes. Elle est suivie de celle des châtaigniers, dans le même environnement. Le miel de montagne est en revanche produit sur le plateau ardéchois où Gilles rapatrie ses colonies un plus tard dans la saison tandis que d’autres resteront dans la garrigue ou produiront du miel de lavande.

Une abeille sur un noisetier en fleurs. © Gilles Roux

Cette approche n’est pas prise en compte dans la labellisation bio. Celle-ci retient principalement deux critères : la présence de pesticides dans l’environnement, qui ne concerne pas la région de Gilles, et les méthodes utilisées par l’apiculteur pour lutter contre le varroa. Véritable cauchemar, cet acarien peut provoquer l’effondrement de la colonie rapidement. Le traitement utilisé par Gilles pour lutter contre ce parasite est constitué d’une molécule, certes chimique, mais sans incidence sur le consommateur ni l’apiculteur. Or cette technique n’est pas validée bio. Celles qui bénéficient de ce label utilisent une molécule produite à l’état naturel par le thym, le timon, inefficace en-dessous de 25° C et agressive pour les abeilles.

Gilles Roux au travail. © Bruno Kerhoas

Une reconversion professionnelle réussie

Gilles a décidé de se reconvertir dans l’apiculture au tournant des années 2009/2010, alors qu’il pratiquait cette activité comme un loisir et travaillait à Paris dans le secteur bancaire. Il se forme alors en région parisienne, au Rucher-école des apiculteurs d’Île-de-France, à la Ferté Alais (Essonne), puis au Jardin du Luxembourg, et entretient plusieurs ruches en Ardèche où il a grandi. À partir de 2010, il suit une formation plus technique, destinée aux apiculteurs qui veulent devenir professionnels, à La Côte Saint-André (Isère), dans un centre de formation professionnelle pour le monde agricole. L’apiculture est loin d’être une activité de cueillette ! C’est un métier plutôt technique, assez solitaire au quotidien, mais fait d’échanges aussi entre producteurs et scientifiques. De solides connaissances sont nécessaires de manière à assurer la survie des abeilles et une certaine productivité.

Le village de Laboule. © Yankele Dupont

Passionné par son métier, Gilles affine son approche, ajuste sa méthode, apprend toujours pour produire un miel de qualité et avoir des colonies en meilleure santé possible.

Gilles a un allié précieux à ces côtés : Jacques, apiculteur depuis 1955, qui dispose de tout le matériel nécessaire chez lui pour extraire le miel et le stocker. C’est aussi un formidable puits de connaissances avec qui il discute des stratégies à adopter pour déplacer ses ruches, diminuer les risques d’essaimage ou préserver la santé de ses colonies. Il est assez courant que des anciens apiculteurs aident ceux qui s’installent, me confie-t-il. Leur discussion enrichit la réflexion de Gilles qui ajuste toujours sa façon de travailler, ce qui rend son métier passionnant.

Gilles Roux au travail. © Laetitia Gabrielli

Après avoir commencé avec des abeilles de la race bugfast, Gilles les a aujourd’hui quasiment toutes remplacées par des abeilles de la race noire endémique. Les premières font partie des races sélectionnées dans les années 1990 pour leur productivité mais sont peu adaptées à l’environnement. Elles ne sortent pas à moins de 22° C, s’il ne pleut pas ! Elles posent une autre difficulté à l’apiculteur : constituant peu de réserves dans le corps de la ruche, elles risquent de mourir de faim après la récolte, à moins que l’apiculteur ne les nourrisse avec des sirops de sucre ou des pâtes sucrés qui viennent en général du Brésil quand ils sont bio ! Les abeilles noires sont plus rustiques, moins productives mais se régulent mieux. Elles sont moins sensibles aux maladies, s’épouillent mieux (eh oui, les abeilles s’épouillent !) et ont de meilleurs comportements de nettoyage. Il semblerait même qu’elles se défendent mieux contre le frelon asiatique !

Les ruches sous la neige. © Gilles Roux

La constitution des colonies, un travail de longue haleine

La constitution de colonies est un travail de longue haleine. D’abord parce que, pour survivre, les abeilles d’une ruche doivent être capables de produire suffisamment de miel pour permettre à la reine de démarrer la ponte et ainsi assurer la reproduction et la survie de la colonie. La fabrication de cire est particulièrement consommatrice d’énergie pour l’abeille : 6 kg de miel sont nécessaires pour produire un kilo de cire ! Au démarrage de son exploitation, Gilles a ainsi opté pour l’achat de cire gaufrée, montée sur les cadres de la ruche et dans laquelle les abeilles bâtissent leurs alvéoles. Il ne pratique pas la cueillette d’essaims pour constituer ses colonies, car il y voit deux inconvénients : un essaim pris dans la nature est d’abord plus enclin à essaimer de nouveau. La méthode présente également le risque d’introduire une maladie dans son cheptel.

 Myriam Ferrier

Le miel de Gilles Roux sur fond de paysage ardéchois. © Gilles Roux

Blog de Gilles Roux, dans lequel il raconte son travail au quotidien et rapporte des nouvelles du monde apicole du monde entier, des analyses etc. Un site engagé et très riche en informations.

http://gilles-roux-apiculteur-ardechois.blogspot.fr/

 

 

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2 commentaires pour Gilles Roux, apiculteur ardéchois

  1. Thierry BERENGER dit :

    Merci à Myriam pour cet article et à Gilles pour son engagement.
    Les miels en stock à Coopaparis sont les derniers. Il faudra attendre la prochaine récolte en Juin. D’ici là, Gilles Roux nous ravitaille régulièrement en pain d’épices produit à base de son miel de Chataignier.

  2. Ping : La châtaigne au coeur de votre cuisine cet été ! |

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