Ferme au Colombier, faire du bon dans du beau

© F. & R. Lhopiteau

Implantée dans une zone de plaines céréalières à cultures intensives, dans l’Eure-et-Loir, la Ferme au Colombier est une perle rare. Les bâtiments agricoles d’une grande beauté abritent une famille qui produit en bio depuis 1978. Céréales, élevage, fruits et farines, les Lhopiteau nous invitent à découvrir le goût du bon et du beau.

Un ancien presbytère, un colombier, une bergerie et des granges autour d’une grande cour, un magnifique ensemble de bâtiments dont une partie est datée du XIIIsiècle : c’est ici que vit et travaille la famille Lhopiteau.

C’est dans les années 1960 que Jacques, le grand-père, a fait l’acquisition de la propriété. Son petit fils, Romain, est aujourd’hui à la tête d’une exploitation de 160 hectares, entièrement en bio. « Dans les années soixante, mon grand-père a fait l’acquisition de la propriété pour avoir les terres, nous dit-il. À l’époque, la maison était totalement en ruines, sans toiture. Ma grand-mère et lui se sont tout d’abord demandés s’ils devaient revendre la ferme, la raser… ou bien la restaurer. C’est ce qu’ils ont choisi de faire, mais ça a été un travail de titan. »

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Jacques, François
 et Romain Lhopiteau. © F. & R. Lhopiteau

Le jeu en valait la chandelle : les bâtiment ne sont rien moins qu’une ferme seigneuriale qui avait appartenu à la famille de Noailles aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les parties les plus anciennes datent du Moyen-Âge, les plus récentes de 1876.

Romain, son épouse et ses deux enfants logent dans l’ancien presbytère. Dans une ancienne étable, ils ont installé une meule en pierre pour moudre les farines. Sur les terres, Romain produit 320 tonnes de céréales auxquelles il apporte un soin tout particulier.

Qualité : veiller au grain

Le bio, Romain connaît depuis toujours car c’est François, son père, qui a converti la production de la ferme. « Mon père avait fait des études d’écologie. Il a travaillé en Algérie pour aider le pays à devenir moins dépendant de la France dans le secteur agricole. L’Algérie développait alors une agriculture à base d’intrants phytosanitaires et de produits chimiques venant d’Europe. Il a donc travaillé au développement d’une agriculture écologique tendant vers l’autosuffisance. Revenu en France, il a mis en pratique ce qu’il avait développé là bas et a repris la Ferme au Colombier en 1978. »

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Romain Lhopiteau pratique la technique des cultures associées. Ci-dessus : triticale et pois. Ci-dessous, à droite : seigle et lentilles.

C’est en 2007 que Romain prend la relève. Pour financer la reprise, il doit passer par les banques. « J’ai dû faire un petit détour par l’agriculture conventionnelle car à l’époque, les banques ne voulaient pas financer les projets en bio. J’ai donc passé la moitié de la production en conventionnel pour revenir à nouveau au 100 % bio. »

Blé, orge, seigle, épeautre, avoine, lentillons, lin, sarrasin, haricots. Chaque année, entre huit et dix cultures annuelles sont présentes sur l’exploitation. Romain pratique la rotation des cultures qui permet d’améliorer la fertilité des sols et de maîtriser les plantes indésirables, les maladies et les ravageurs.

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© F. & R. Lhopiteau

Priorité à la fertilité 

« Je planifie l’étalement. Je fais trois années de luzerne par exemple. Cette légumineuse capte l’azote de l’air pour le remettre dans le sol. En même temps, elle étouffe les chardons et toutes les plantes qui pourraient gêner la croissance des récoltes. En plus, ça fait du fourrage pour nos chevaux et nos poulinières. Après la luzerne, je fais deux céréales : un blé et une céréale secondaire, puis du maïs ou du colza. Ensuite, on plante la féverole. Puis encore à nouveau deux céréales à paille, puis des pommes de terre. Il y a une succession en alternant les cultures d’hiver et celles de l’été. Le blé revient tous les cinq ans, les pommes de terre tous les six ou sept ans. »

Dans sa recherche de qualité, le maintien de la fertilité des sols est une préoccupation majeure de Romain. Il s’est posé la question du labour, mais n’a pas encore trouvé la vitesse de croisière. « J’aimerais pouvoir éviter de labourer la terre car le labour perturbe le cycle de la nature. Mais c’est moins facile de s’en passer en agriculture bio et pour l’instant les essais qu’on a effectués n’ont pas donné de bons résultats. Alors on pratique le labour agronomique à 15 centimètres [au lieu de30, NDLR], ce qui est un moindre mal. »

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Compost à la ferme. © F. & R. Lhopiteau

Quant aux intrants, pas de produit chimique, bien entendu ! « J’utilise du compost, c’est la seule chose que j’apporte sur les cultures. Je le fabrique à la ferme à base de déchets verts. Les paysagistes ou les particuliers m’apportent des tontes de pelouse, des tailles de haies. J’y mélange le fumier de mes chevaux et du fumier de bovins que j’achète à un éleveur voisin. Une machine mutualisée en CUMA (coopérative d’utilisation de matériel agricole) passe trois fois par an pour brasser et aérer le compost. Je l’étale à l’automne dans mes champs. »

Du grain à la farine

Pour les récoltes de céréales, 80% de la production est dirigée vers les coopératives et 20% sera broyée dans les meules de la ferme.

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La meule de pierre dont les deux roues se trouvent dans le cylindre du bas. © F. & R. Lhopiteau

Les farines de la Ferme au Colombier sont des produits de qualité. Tout d’abord, grâce à la sélection variétale opérée par Romain. « Chaque année, différentes variétés de semences sont testées pour observer l’adaptation des plantes et surtout tester leur valeur boulangère. » Les variétés les plus intéressantes sont conservées et ressemées en mélange. Celle qui « prendra le dessus » fournira une récolte de qualité.

Le second critère de choix est celui de la fraîcheur. Les farines ne sont pas stockées, elles sont produites à la demande, en fonction des commandes des particuliers ou des coopératives clientes.

Le troisième gage de qualité est le broyage à la meule de pierre qui permet de préserver le germe du grain et d’en conserver les vitamines et les acides gras essentiels.
Le moulin fonctionne trois à quatre jours par semaine. Une employée se chargera de la fabrication et de l’ensachage.

Pour voir de plus près

Une épicerie installée sur les lieux écoule une petite part de la production. Elle accueille les visiteurs le samedi pour proposer farines, pain, jus des pommes du verger, pommes de terre, miel, ou les œufs des 50 poules pondeuses qui, est-il besoin de le préciser, ne grossissent pas les rangs des 68% de poules élevées en batterie en France. Leurs œufs font le régal des visiteurs, tout comme les farines font le bonheur des amateurs de pain fait maison.

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Préparation des commandes de farine. © F. & R. Lhopiteau

Mais ce n’est pas tout. Pour compléter toute cette activité de production, la famille Lhopiteau propose une ferme pédagogique. Elsa accueille tous ceux qui veulent mettre la main à la pâte lors des ateliers de fabrication de pain, de jus de pomme… à la demande !

Et pour ceux qui veulent rester, la joyeuse famille vous propose de partager le bonheur de ces lieux magiques dans leur chambre d’hôtes.

Merci à François, Romain, Elsa et leurs enfants pour la qualité des produits qu’ils nous proposent et merci aussi d’avoir su préserver la qualité architecturale des bâtiments de ferme qui ont traversé les époques et connu l’agriculture à travers les siècles.

Dominique Firbal

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© F. & R. Lhopiteau

La Ferme au Colombier
1 grande rue, 28 210 Néron
www.ferme-au-colombier.com

Produits disponibles à Coopaparis
 : farines, pommes de terre, lentillons, lin brun, graines de tournesol…

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